24 Heures du Mans Moto 2025 : équipes, podium et records de l’édition

Dès que la pluie entre dans la danse sur le circuit Bugatti, on sait que la course bascule. Cette édition 2025 des 24 Heures du Mans Moto n’a pas fait dans la dentelle : plus

Sophie Martineau

Rédigé par : Julien Leroy

Publié le : 14 juin 2026


Dès que la pluie entre dans la danse sur le circuit Bugatti, on sait que la course bascule. Cette édition 2025 des 24 Heures du Mans Moto n’a pas fait dans la dentelle : plus de 150 chutes, un rythme haché, des favoris à terre alors que tout semblait plié. La Yamaha n°7 du YART a traversé l’orage sans broncher, alignant les relais serrés pour finir devant la Kawasaki Webike Trickstar et la BMW ERC Endurance. Rarement on aura vu la stratégie tenir un rôle aussi décisif. Certains équipages misaient sur la vitesse de pointe – jusqu’à frôler les 300 km/h – mais ici, c’est la gestion de la piste piégeuse qui fait la différence. Les enjeux, les rebondissements et quelques records viennent allonger la liste des souvenirs, pour une édition qui fera discuter longtemps dans les stands.

En bref :

  • YART-Yamaha s’impose pour la deuxième fois au Mans, après avoir résisté à une pluie de chutes.
  • Kawasaki #11, leader jusqu’à une heure de l’arrivée, chute et termine deuxième, BMW #6 monte sur la troisième marche du podium.
  • 782 tours pour la Yamaha victorieuse, sur une distance totale abaissée à 3 272,6 km à cause de la météo.
  • Record de vitesse pour la BMW M1000RR #37 à 296,4 km/h lors du 583e tour.
  • Plus de 150 chutes recensées durant l’épreuve, conséquence de conditions dantesques.
  • Yamaha décroche sa cinquième victoire, Bridgestone sa septième en tant que manufacturier pneumatique.

Équipes phares de l’édition 2025 des 24 Heures du Mans Moto : entre stratégie et survie

Le paysage du Championnat du Monde d’Endurance FIM EWC ne manque plus de surprises, mais l’édition 2025 aura rappelé à tous que la différence se fait déjà sur la feuille d’engagement. Le YART-Yamaha, fort de Karel Hanika, Marvin Fritz et Jason O’Halloran, a repris la recette qui leur avait permis de dominer en 2009 : pilotage propre, relais millimétrés, et surtout zéro faute sous pression. Ce qui frappe d’année en année, ce n’est pas seulement le niveau des réglages ou des motos – la Yamaha YZF-R1 de cet équipage présentait un équilibre rare dans ces conditions –, mais la capacité à ne jamais sortir de sa ligne de conduite quand tout explose autour. La pluie n’a pas pardonné, et c’est justement là que l’équipe autrichienne a tiré son épingle du jeu : ravitaillements ajustés, gestion des pneus Bridgestone avec une expérience patente sur piste grasse, alors que certains rivaux persistaient avec des réglages optimistes.

Face à eux, la Kawasaki Webike Trickstar (n°11), menée par Roman Ramos, Mike Di Meglio et Grégory Leblanc, menait la danse jusque dans la dernière heure. Ce trio aurait pu inscrire une victoire supplémentaire au palmarès déjà étoffé de la marque, mais la fameuse loi des 24 heures est revenue : un faux pas dans la courbe d’Indianapolis, et c’est la descente au classement. Ce genre de revers, tout mécano le redoute, car le meilleur moteur et la meilleure électronique ne valent rien face à l’imprévisible d’une piste détrempée.

La BMW du ERC Endurance (n°6) complète le podium. Elle doit sa régularité à une stratégie qui, sans briller par la vitesse pure, a tiré profit des multiples neutralisations. L’équipage – Ilya Mikhalchik, Kenny Foray et David Checa – a résisté par sa constance, un point trop peu valorisé chez les spectateurs mais essentiel dès que les conditions se dégradent. Du point de vue des ateliers, cette édition a surtout mis en avant l’humilité nécessaire face au Mans : entre gérer les changements de météo, prévoir les vagues de safety car et préserver la moto, chaque minute de course force à remettre les compteurs à zéro.

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Batailles au cœur de la nuit et gestion des pneus

Cette année, entre la tombée du jour et les torchères de la nuit mancelle, on a vu de vrais choix de vieux briscards. Certains parient sur la pluie passagère, d’autres anticipent un retour de l’humidité au lever du soleil. Le nombre de relais courts, notamment chez BMW #6 et Kawasaki #24, illustre la crainte de la dégradation rapide des pneus pluie : chaque pilote a dû composer avec la fenêtre fragile entre perte de grip et fenêtre de température optimale. Ces compromis rappellent ce que l’on voit sur d’autres classiques, comme au Goodwood Revival, où l’expérience mécanique vaut souvent mieux que le chronomètre.

Un podium 2025 marqué par la tension et l’expérience terrain

Si l’instant décisif pour cette édition des 24 Heures du Mans Moto arrive dans la dernière heure, tout s’est joué bien avant dans l’accumulation discrète des tours sans faute. Quand la Yamaha n°7 de YART franchit la ligne, c’est surtout la récompense d’une gestion sans faille : aucune chute dans la dernière partie de course, un privilège que d’autres avaient perdu dès le petit matin. Ce genre de constance ne s’improvise pas. Les pilotes du YART, Marvin Fritz en tête, ont su doser l’attaque et la prudence, là où certains, grisés par le spectacle, se sont laissés piéger par les flaques invisibles du Bugatti.

Du côté de la Kawasaki #11, la frustration se lit sur le visage de Roman Ramos autant que sur celui de Mike Di Meglio. Le rythme y était, le potentiel de victoire aussi, mais la chute à une heure du terme s’inscrit dans la tradition mancelle : rien n’est acquis tant que le drapeau à damier n’est pas tombé. Pour l’équipe ERC Endurance, la régularité paie, malgré un déficit en vitesse pure relevé sur les chronos de nuit. Un détail revient souvent en atelier : la moto qui ne plie pas sous la pression est celle que l’on revoit au sommet.

Position Moto / Équipe Pilotes Tours
1 Yamaha #7 YART-Yamaha Karel Hanika, Marvin Fritz, Jason O’Halloran 782
2 Kawasaki #11 Webike Trickstar Roman Ramos, Mike Di Meglio, Grégory Leblanc 782
3 BMW #6 ERC Endurance Ilya Mikhalchik, Kenny Foray, David Checa 773
4 BMW #37 BMW Motorrad World Endurance Markus Reiterberger, Sylvain Guintoli, Steven Odendaal 772
5 Kawasaki #24 Maxxess by BMRT 3D Pirelli Motul Isaac Vinales, Mathieu Gines, Loris Cresson 761

La rareté des doublons au nombre de tours (Yamaha et Kawasaki égalité à 782 tours) souligne bien que c’est la constance qui marque la hiérarchie, pas seulement la réussite d’un sprint de dernière minute. Cette photo-finish, pour ainsi dire, n’a rien d’anecdotique quand on se penche sur l’histoire du Mans Moto : le vainqueur est souvent celui qui sait renoncer à 2 dixièmes au tour pour rester dans le coup sur la durée.

Records et données mécaniques de la 48e édition : la pluie fausse le jeu

Les éditions précédentes nous avaient habitués à voir tomber des records de distance, mais la météo a tout changé cette année. En mode sec, une Yamaha YZF-R1 peut flirter avec une moyenne de plus de 150 km/h sur un relais complet, mais ici, la victoire s’est construite à 3 272,6 km au total pour les meneurs, soit 313 km de moins que la Suzuki Yoshimura SERT Motul de 2024. Un écart qui ne s’explique pas seulement par la prudence, mais aussi par la multiplication des chutes – plus de 150 officiellement recensées – et les nombreuses phases de neutralisation par safety car.

Le détail qui fait sourire en atelier, c’est le record de vitesse de la BMW M1000RR n°37 : 296,4 km/h en pointe, relevée lors de son 583e tour. Si certains voyaient la pluie comme un nivellement de la performance, il fallait tout de même oser s’envoyer à cette allure sur une piste qui ne pardonnait aucun excès de confiance. La résistance des moteurs, la fiabilité des boîtes à crabots, tout a été scruté à chaque piste d’accélération. D’un point de vue mécanique, ces chiffres rappellent que l’endurance n’a rien à voir avec le spectacle aseptisé du sprint : ici, l’usure moteur, la gestion thermique, et la capacité de la suspension à encaisser les bosses du Bugatti deviennent les vrais juges de paix.

Au fil des années, les grands équilibres restent

  • Suzuki reste la marque la plus titrée avec 15 succès en 48 éditions, devant Kawasaki et Honda (14 chacun).
  • Cette cinquième victoire pour Yamaha rappelle que deux titres sur le Bugatti, c’est déjà un exploit tant la concurrence s’est durcie.

Un chiffre à suivre pour ceux qui aiment la perspective historique : Bridgestone affiche 7 victoires sur le Mans, un rapport direct avec sa capacité à fournir une gomme efficace sur le long terme – ce que savent tous ceux qui suivent aussi le Rétromobile de Paris avec les comparatifs de manufacturiers classiques.

La pluie, facteur X des stratégies 2025

Ce qui frappe dans cette édition, c’est le nombre de réglages improvisés sur chaînes, bras oscillants et cartographies moteur entre deux averses. Certains top-teams, comme Kawasaki #11, changeaient d’angle d’attaque à chaque relais pour trouver l’équilibre entre glisse mesurée et risque de chute. Mon avis tranché : ceux qui ont géré les pressions pneus à la pompe, au doigt et à l’oreille, ont franchi la ligne. Une belle leçon pour ceux qui misent tout sur la télémétrie sans assez écouter le pilote…

Pilotes et relais marquants de la course d’endurance : gestion, sang-froid et coups de théâtre

Sur 24 heures, la moindre baisse de concentration paie cash. Marvin Fritz, dernier relais pour le YART, a été l’un des rares à tenir la cadence sans céder à la pression, laissant ainsi Yamaha décrocher sa première victoire au Mans depuis 16 ans. Sa capacité à garder la tête froide alors que derrière la Kawasaki #11 pousse fort mérite d’être soulignée. Ce n’est pas qu’une question de talent – le plateau était relevé, aucun rookie, mais beaucoup d’habitués des épreuves marathons.

Chez Kawasaki Webike Trickstar, Mike Di Meglio a livré une nuit quasi parfaite, maintenant le team en tête grâce à des relais réguliers autour des 2’00’’. Grégory Leblanc visait une sixième victoire, relançant ce duel franco-japonais qui nourrit la légende du Bugatti. Hélas, la glissade de Roman Ramos le prive de ce graal, malgré une maîtrise technique sur le mouillé digne des grands vainqueurs du Mans.

  • Karel Hanika (YART-Yamaha) : gestion du réveil à l’aube et relais en pneus slicks sur une piste encore piégeuse.
  • David Checa (BMW ERC Endurance) : solide partout, peu spectaculaire mais diablement efficace dans la gestion de la fatigue de la moto et des pneus.
  • Sylvain Guintoli (BMW Motorrad World Endurance) : attaque de feu dans les portions sèches, stratégie audacieuse mais payante sur quelques heures clés.
  • Mathieu Gines (Kawasaki #24) : maintient l’équipe dans le top 5 malgré des relais très tendus par la pluie.

De nombreux pilotes ont souffert, parfois à la limite de la blessure. Au Tour Auto 2022, j’ai vu ce genre de gestion physique refaire surface. Bien sûr, tout ça ne se voit pas forcément depuis les stands, mais il suffit de jeter un œil à la fatigue sur les visages à la sortie du double-tour d’horloge pour deviner ce qui se joue dans la tête d’un compétiteur d’endurance. Tous n’auront pas survécu à la pluie, mais chacun repart avec un niveau de respect rarement atteint dans une course aussi piégeuse.

Analyse tactique : au-delà de la vitesse pure, place à la gestion longue durée

Cette édition 2025 des 24 Heures du Mans Moto restera dans les mémoires comme celle qui a remis la stratégie météo et l’anticipation des neutralisations au cœur du jeu. On ne gagne pas ici avec le plus gros chrono, mais en évitant les embûches lors des enchaînements piégeux de la Dunlop et du Chemin-aux-Bœufs. La gestion fine du relais – durée, usure des freins, température moteur – aura fait la différence.

Petit conseil : pour qui regarde la course depuis les tribunes ou devant un écran, chaque arrêt au stand a son suspense. On croit souvent que l’essentiel se joue durant le tour lancé, mais à ce niveau d’endurance mécanique, la moindre hésitation lors d’un changement de pneumatique se traduit automatiquement par un changement au classement.

La liste des points à retenir pour comprendre une course d’endurance comme celle-ci :

  • Météo et anticipation des relais : quels pneus, quand rentrer, qui prend le guidon selon l’évolution météo.
  • Gestion du trafic : éviter les pièges des motos retardataires tout en maintenant le rythme de la tête.
  • Préparation mécanique : choix de la cartographie moteur en fonction de l’humidité et de la température, contrôle du jeu aux soupapes sous contrainte, diagnostic minute de l’allumage et de l’injection électronique.
  • Résistance physique et mentale des pilotes sur relais longs : préparation personnalisée par pilote, nutrition réfléchie et gestion du sommeil.

En gros, on ne gagne pas le Mans Moto avec juste une moto bien réglée. C’est l’ensemble de l’équipe qui doit penser 24 heures d’affilée – mécanos, pilotes, stratégie au stand – chacun avec son expertise, chacune comptant à chaque minute. Une leçon applicable à d’autres disciplines d’endurance, et qui éclaire aussi la réussite de pilotes multi-supports comme Sébastien Loeb.

Le championnat 2026 s’ouvre déjà sur de nouveaux scénarios, mais il y a fort à parier que la mémoire de cette édition 2025 pèsera lourd dans les prochaines préparations. Du coup, la vraie question reste : qui aura le cran – et la main assez fine sur les pressions pneus – pour déjouer la météo mancelle en 2026 ?

Quelle équipe a remporté les 24 Heures du Mans Moto en 2025 ?

L’équipe YART-Yamaha, composée de Karel Hanika, Marvin Fritz et Jason O’Halloran, a remporté l’édition 2025 après 782 tours effectués sur le circuit Bugatti.

Combien de chutes ont été recensées lors de l’édition 2025 ?

Plus de 150 chutes ont été enregistrées durant cette course très arrosée, marquée par de multiples interventions du safety car.

Quelle était la meilleure vitesse de pointe atteinte pendant la course d’endurance ?

La meilleure vitesse de pointe, 296,4 km/h, a été réalisée par la BMW M1000RR #37 de BMW Motorrad World Endurance Team lors de son 583e tour.

Combien de victoires Yamaha compte-t-elle désormais aux 24 Heures du Mans Moto ?

Avec le succès de 2025, Yamaha totalise cinq victoires historiques sur cette épreuve, la précédente remontant à 2009.

Quels éléments clés influencent la victoire d’une équipe sur une course d’endurance comme le Mans Moto ?

La stratégie d’anticipation météo, la gestion des relais, la préparation mécanique et la cohésion d’équipe sont déterminantes, bien au-delà de la simple performance pure du pilote ou de la moto.

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